Ancien forum du PCQ Index du Forum Ancien forum du PCQ
Ancien forum du PCQ
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Et si nous étendions le problème?

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Ancien forum du PCQ Index du Forum -> Discussion Générale
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Sabrina
Invité





MessagePosté le: 04/08/2008 00:15:45    Sujet du message: Et si nous étendions le problème? Répondre en citant

Le financement des universités québécoises est un problème bien connu et utilisé à excès par les politiciens. Les solutions sont toutefois toujours aussi sombres et rarement pour le bénéfice de l’accès à l’éducation pour tous. La solution qui sera soumise au parti libéral du Québec, par l’aile jeunesse du même parti, veut une hausse par trois fois, le montant actuel payé à travers les frais de scolarité par les étudiants et étudiantes québécoisEs.

Un des arguments majeurs afin de soutenir une telle proposition est que les universités du Québec sont loin du niveau Canadien par rapport aux frais de scolarité. En effet, la moyenne canadienne se situe autour de 6000$ par année alors qu’ici nous n’en payons que 2000$. Il va sans dire que plusieurs éléments ne sont d’ailleurs pas pris en compte lorsqu’on émet de telles sottises.

Premièrement, au niveau Canadien, la hausse des frais de scolarité empêche 46% de la population à faible revenu d’entreprendre des études postsecondaires. Une étude fût d’ailleurs menée à l’University of Western Ontario durant quatre ans. Celle-ci portait sur la dérégulation des frais de scolarités et l’accessibilité aux études au niveau de l’école de Médecine. Lors de la première année, 17.3% des étudiants provenaient de familles à faible revenu. À l’époque, les frais étaient autour de 4000$. À la fin de la quatrième année, alors que les frais de scolarité atteignaient les 10 000$, 7.7% des étudiants provenaient de foyers gagnant moins de 40 000$ par année. Le résultat fût marquant : il y a eu déclin de la participation des étudiants à faible revenu et ce, de plus de 50%!

Deuxièmement, plus les dettes des étudiants sont élevés, moins ils sont portés à terminer leurs études. Une étude américaine appelée « Social Class and College Costs : Examining the Financial Nexus Between College Choice and Persistence », a menée Michael Paulsen et Edward St. John à constater qu’à chaque hausse des frais de scolarité de 1000$, les étudiants à faible revenu sont 19% moins susceptibles de terminer un programme d’étude. De plus, il faut considérer que chaque hausse de 1000$ (en dollars de 1991) des droits de scolarité des universités offrant des programmes de 4 ans, entraînait aussi une baisse de 1.4% des inscriptions.

Troisièmement, statistique Canada déclarait en 2007 que 84% de l’écart entre les enfants de familles aisées et de familles pauvres était dû à un passé différent tel que les résultats scolaires, le niveau d’éducation des parents, le niveau d’attente en matière de performance à l’école, de la part des parents et finalement la fréquentation de l’école secondaire. Ils déclarent donc que les évidences sont minces tant qu’à l’influence du revenu et des coûts des études postsecondaires.

Par contre, en 2002, l’analyse des données recueillis auprès the Youth in Transition Survey (YITS) prouvait clairement que plus de 70% des gradués d’écoles secondaires à travers le pays ne poursuivaient pas leurs études postsecondaires dû à leur situation financière. Conséquemment, 71.4% des jeunes qui ont abandonnés leurs études postsecondaires déclaraient que la raison première de leur abandon était leur situation financière précaire. C’est une contradiction évidente et pourtant, d’aucune façon les données peuvent avoir changé à un point tel à l’intérieur de seulement 5 ans, alors que les droits de scolarité partout à travers le Canada n’ont fait qu’augmenter.

Statistique intéressante au sujet du taux d’obtention de diplôme postsecondaire par rapport au niveau d’endettement en date de 2005 : plus le taux d’endettement est élevé, moins l’étudiant obtient son diplôme.

Total de la dette Taux de réussite

Moins de 1 000$ 71%
1 000$ - 1 999$ 59%
2 000$ - 2 999$ 64%
3 000$ - 9 999$ 51%
10 000$ et plus 34%

Dans les faits, le gouvernement finance de moins en moins les universités et c’est à partir de la poche des étudiants que les universités couvrent le manque, et bien plus. Ils ont beau dire que les prêts et bourses sont là mais ce système en lui-même est défectueux et ne soutient que peu une grande partie de la population étudiante, surtout celle de la classe moyenne où une contribution des parents est calculée alors que dans les faits, la contribution des parents n’est pas automatiquement présente et certainement pas du montant calculé par l’Aide Financière aux Études, si elle y est.

Autre fait intéressant, selon l’Association Canadienne des Enseignants Universitaires, les gouvernements (fédéral et provincial) ont diminué le financement des établissements d’enseignement postsecondaires de 25% entre 1991 et 1998, et les droits de scolarité ont été haussés de 125% durant cette même période. En fait, si nous considérons que les droits de scolarité sont ajustés en fonction de l’inflation, et bien nous payons au moins six fois plus que l’étudiant en 1914. Aussi, si nous le calculons basé sur le salaire moyen des ouvriers d’usine ou des menuisiers, et bien ça prend beaucoup plus d’heures de travail aujourd’hui, pour couvrir ces frais, qu’en 1940.

Toujours selon l’Association Canadienne des Enseignants Universitaires, payer les frais de l’école de Droits était possible avec 100 heures de travail en usine, alors qu’aujourd’hui plus de 265 heures sont nécessaire. L’école Médicale : 118 heures, pour 425 heures aujourd’hui et finalement, le programme de dentisterie : 124 heures, pour 512 heures aujourd’hui!

Déjà un étudiant encore incertain de son futur entre au cégep à tâtons, et saute de programme en programme avant de trouver sa voie. Il n’est pas rare de voir des étudiants sortir du cégep avec une dette d’étude de 25 000$. Hors, si c’est à l’université qu’il est maintenant décider d’entrer, et bien, à la fin de ses études, il peut facile s’attendre à une facture de 75 000$ pour un Bacc alors que l’emploi qu’il occupera ne saura couvrir les frais d’une telle dette. Les 20 à 30 prochaines années de l’étudiant sont alors hypothéquées, où il devra vivre sous le seuil de la pauvreté, incapable d’obtenir une maison ou tout autre bien nécessaire.

Nos jeunes libéraux proposent donc d’embourbés les étudiants d’une dette supplémentaire de 4000$ par année en « taxe » post-étude. C’est donc un minimum de 12 000$ qui s’ajoute à la dette déjà accumulée. Simplement une autre façon de décourager les étudiantEs et de miser sur leur ignorance afin qu’ils complètent leurs études.

En conclusion, ce n’est pas en augmentant la dette des étudiants que nous arriverons à financer nos universités, à obtenir une qualité d’enseignement supérieure et avoir une population capable de choisir librement le niveau éducation postsecondaire qu’elle désire obtenir. Tout ce que cela créé, c’est moins d’étudiants donc moins d’argent qui entre, moins de gens ayant la connaissance nécessaire pour faire avancer le Québec de demain, et surtout moins de gros revenus éventuels à taux d’imposition intéressant car ce n’est pas les travailleurs à 20 000$ par année qui paient de l’impôt aujourd’hui, c’est la classe moyenne, ceux qui justement ont le salaire moyen des diplômés universitaires (autour de 40 000$ - 50 000$ par année).

L’éducation est pour tous, pas seulement pour ceux qui ont eu la chance de grandir dans les milieux aisés. « Va à l’école pour avoir un bon emploi! », me disait ma mère. Et bien oui, un bon emploi qui ne me permet de gagner 1200$ par mois, juste un peu plus que le taux d’exemption permis par le gouvernement pour une période total de deux ans. Là-dessus, c’est 200$ par mois, pendant 20 ans, qu’on me réclame. On me dit « Que fais-tu à travailler dans un bureau comme secrétaire! C’est à l’université que tu devrais aller! » Et oui…il est certain que ça me dit d’aller m’endetter encore plus, et hypothéquer mon existence pour les 40 prochaines années, que je passerai à loyer, sans pouvoir d’achat, les jambes coupées par le système. Vingt ans me semblent déjà beaucoup.

D’ailleurs, puisque j’aborde ce sujet, lorsque nous ne sommes pas en mesure de payer, et bien c’est le gouvernement qui envoie une jolie lettre de mise en demeure où ils exigent le plein paiement de la dette dans les 2 semaines de la réception de celle-ci. Impossible de déclarer faillite avant 10 ans après la fin des études. Une torture mentale, un stress constant assez puissant pour regretter avoir même rêvé d’étudier. Est-ce vraiment la société de demain? Sommes-nous réellement décidés à la rendre pire qu’elle ne l’est, voir même atteindre le niveau canadien? N’oublions pas ici, que le salaire des QuébecoisEs, est le 7ème sur les 13 provinces et territoires…
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 04/08/2008 00:15:45    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Ancien forum du PCQ Index du Forum -> Discussion Générale Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
subRebel style by ktauber
Traduction par : phpBB-fr.com